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Pourquoi l’auto-déploiement pendant les catastrophes nuit plus qu’il n’aide au bien-être animal 

Quand un désastre survient, l’instinct d’aider, surtout pour ceux d’entre nous qui travaillent dans le bien-être animal, est immédiat et sincère. Nous voulons intervenir, sauver des vies et faire partie de la solution. Mais dans le chaos des ouragans, des inondations, des incendies et d’autres urgences à grande échelle, l’auto-déploiement par les groupes de protection animale peut faire plus de mal que de bien. 

 

Qu’est-ce que l’auto-déploiement? 

L’auto-déploiement se produit lorsque des individus ou des organisations entrent dans une zone sinistrée sans avoir été officiellement demandé ou coordonné par les systèmes d’intervention d’urgence locaux, provinciaux ou fédéraux. Cela vient souvent d’une passion, mais dans le monde de la gestion des urgences, la coordination est primordiale. 

 

Pourquoi c’est un problème sérieux 

1. Cela draine des ressources cruciales

Le carburant, les chambres d’hôtel et même la nourriture deviennent des denrées précieuses dans les zones sinistrées. Lorsque des groupes non invités arrivent, ils rivalisent avec les premiers intervenants et les équipes de secours pour ces ressources. Ce qui est censé être une aide finit par ralentir les systèmes mêmes conçus pour sauver des vies, humaines et animales. 

2. Elle brise la chaîne de communication 

Les responsables de la gestion des urgences à tous les niveaux travaillent jour et nuit pour suivre les besoins et déployer les ressources là où elles sont les plus efficaces. Lorsque des groupes se présentent à l’improviste, ces efforts sont perturbés et la duplication des efforts peut gaspiller des ressources précieuses et du temps qui sauve des vies. Sans coordination, les intervenants ne savent pas qui fait quoi, où les animaux sont emmenés, ni quelles zones sont encore en crise.   

3. Cela risque la réunification des animaux de compagnie 

L’une des plus grandes tragédies de toute catastrophe est la séparation des animaux de compagnie de leurs familles. Lorsque des animaux sont retirés des zones sinistrées par des groupes inconnus ou non officiels, les propriétaires ne pourront peut-être jamais les retrouver. Des efforts de sauvetage animal bien coordonnés priorisent l’identification, la documentation et la réunification. L’auto-déploiement met ces systèmes — et ces animaux de compagnie — en danger. 

4. Ça gaspille l’espace d’abri 

Dans la précipitation pour « sauver », des groupes bien intentionnés peuvent retirer des animaux qui n’ont pas réellement besoin d’être relocalisés. Cela gaspille un espace précieux dans les refuges de destination qui devrait être réservé aux animaux réellement touchés par la catastrophe. Chaque chenil compte en cas d’urgence, et les remplir d’animaux qui auraient pu rester en sécurité peut retarder les travaux de sauvetage. 

5. Ça crée le chaos sur le terrain 

Les refuges en cas de catastrophe fonctionnent déjà sous une pression intense. Lorsque des groupes non coordonnés arrivent, ils apportent souvent des dons en nature que les refuges n’ont pas besoin — ou n’ont ni temps ni espace pour gérer. Ce « désastre dans la catastrophe » submerge le personnel et les bénévoles des refuges, déjà débordés. 

6. C’est un risque pour la sécurité 

Les zones sinistrées sont dangereuses — les routes sont emportées, les communications coupées, les soins médicaux sont limités et la sécurité peut être instable. Envoyer des équipes qui ne sont pas formées, non accréditées ou qui ne font pas partie du plan d’intervention officiel est dangereux tant pour les intervenants que pour les animaux qu’ils comptent aider. 

 

Ce que vous (et/ou votre organisation) devriez faire à la place 

  • Attendez l’appel : Rejoignez un réseau de réponse reconnu et attendez d’être officiellement demandé avant de déployer.
  • Formez-vous et accréditez-vous : De nombreuses organisations nationales et provinciales offrent de la formation afin que les intervenants en bien-être animal soient prêts à s’intégrer dans les interventions officielles en cas de catastrophe.
  • Soutien à distance : Fournir des financements, des familles d’accueil ou des fournitures selon la demande des agences officielles concernées.
  • Coordonnez, ne compliquez pas les choses : Vérifiez toujours auprès des opérations d’urgence locales ou provinciales avant de planifier toute assistance. 

 

Un dernier mot 

Aider lors d’une catastrophe signifie plus que se présenter, cela signifie faire partie d’une réponse stratégique plus large qui place la sécurité des personnes et des animaux en premier. L’auto-déploiement peut venir d’un bon endroit, mais en pratique, cela crée de la confusion, crée des risques et peut ultimement entraver les efforts de sauvetage et de récupération. 

Soyons intelligents, coordonnés et responsables. Les animaux, et les gens qui les aiment, comptent sur nous pour bien faire les choses et nous avons du travail à faire.

 

 

Un homme portant une casquette de baseball noire et un polo noir Under Armour se tient devant un bâtiment et un véhicule turquoise, regardant la caméra avec une expression neutre.

Eric Thompson
Directeur exécutif, Gestion des incidents avec animaux de la BPF

 

 

Cliquez sur et téléchargez le graphique ci-dessous et partagez-le sur vos réseaux sociaux.

Un graphique intitulé Comment vous pouvez aider lors d’une catastrophe explique l’importance d’attendre 24 à 48 heures après les urgences pour les actions de sauvetage et énumère les organisations et les opportunités de bénévolat pour soutenir les animaux et les personnes touchés.